Shibumi de Trevanian

« Shibumi, monsieur ? »
Nicholaï avait déjà entendu ce mot, mais à propos de jardins, d’architecture, où il suggère une beauté équilibrée.
« Quel sens donnez-vous à cette expression, monsieur ? »
« Oh ! Un sens imprécis. Et incorrect, je le crains. Une tentative maladroite pour décrire une qualité ineffable. Comme tu le sais, shibumi implique l’idée du raffinement le plus subtil sous des apparences banales. C’est une définition d’une telle exactitude qu’elle n’a pas besoin d’être affirmative, si touchante qu’elle n’a pas à être séduisante, si véritable qu’elle n’a pas à être réelle. Shibumi est compréhension plus que connaissance. Silence éloquent. Dans le comportement, c’est la modestie sans pruderie. Dans le domaine de l’art, où l’esprit de shibumi prend la forme de sabi, c’est la simplicité harmonieuse, la concision limpide. En philosophie, où shibumi devient wabi, c’est le contentement spirituel, non passif ; c’est exister sans l’angoisse de devenir. Et dans la personnalité de l’homme, c’est… comment dire ? L’autorité sans la domination ? Quelque chose comme cela. »
Le concept de shibumi galvanisait l’imagination de Nicholaï. Aucun idéal ne l’avait jamais tant attiré.
« Comment peut-on atteindre ce shibumi, Monsieur ? »   Continua a leggere Shibumi de Trevanian

La vérité est une agonie qui n’en finit pas
Les 10 règles pour écrire de Zadie Smith

Que l’écriture, et plus précisément le roman, soit le lieu de la vérité je l’ai compris depuis un moment (mais pas si longtemps que ça). En effet dans la vie on ne peut pas dire la vérité, non pas parce qu’on n’est pas assez coura- geux pour le faire, comme je le pensais autrefois (quand je la disais), mais parce que la vérité est méchante, qu’elle fait mal et surtout ne sert à rien. Nous ne pouvons rien dire aux autres qu’ils ne sachent déjà, qu’ils ne soient pas déjà prêts à accepter. « Les conseils ne servent qu’à ceux qui les donnent et seulement dans la mesure où ils soulagent leur conscience » écrit Trevanian dans Shibumi.
L’endroit pour dire la vérité est l’art. Là on peut se lâcher. Le fait que ce ne soit pas « pour de vrai » protège l’auteur et lui permet d’aller jusqu’au bout des choses.
L’écrivain Zadie Smith a rassemblé 10 règles pour écrire un roman. Les voici: Continua a leggere La vérité est une agonie qui n’en finit pas
Les 10 règles pour écrire de Zadie Smith

La verità è un’interminabile agonia
10 regole per scrivere di Zadie Smith

Che la scrittura, e più precisamente la narrativa, sia il luogo della verità l’ho capito da un po’ (ma non da tanto). Nella vita infatti la verità non si può dire e non perché non si è abbastanza coraggiosi per farlo, come pensavo un tempo (quando la dicevo), ma perché la verità è cattiva, fa del male e soprattutto non serve a niente.
Non possiamo dire agli altri niente che non sappiano già, che non siano già pronti ad accettare. “I consigli servono solo a chi li dà e in quanto gli tolgono un peso dalla coscienza”: scrive Trevanian in Shibumi.
Il luogo per dire la verità è l’arte. Lì ci si può sfogare. Il fatto che sia “per finta” protegge l’autore e gli permette di spingersi fino in fondo.
La scrittrice Zadie Smith ha individuato 10 regole per scrivere narrativa. Eccole: Continua a leggere La verità è un’interminabile agonia
10 regole per scrivere di Zadie Smith

Shibumi di Trevanian

Shibumi, signore?”
Nikolaj conosceva questa parola, ma solo nella sua applicazione ai giardini o all’architettura, dove aveva il significato di una bellezza poco appariscente.
“In che senso usa questa parola, signore?”
“Oh, vagamente. E scorrettamente, sospetto. Un goffo tentativo di descrivere una qualità ineffabile. Come sai, shibumi allude a una grande raffinatezza sotto apparenze comuni. E’ un’affermazione così precisa che non ha bisogno di essere ardita, così acuta che non dev’essere bella, così vera che non dev’essere reale. Shibumi è comprensione più che conoscenza. Silenzio eloquente. Nel modo di comportarsi è modestia senza pruderie. Nell’arte, dove lo spirito di shibumi prende la forma di sabi, è elegante semplicità, articolata brevità. Nella filosofia, dove shibumi emerge come wabi, è una serenità spirituale non passiva; l’essere senza l’angoscia del divenire. E nella personalità di un uomo, è… come dire? Autorità senza dominio? Qualcosa del genere”.
L’immaginazione di Nikolaj rimase galvanizzata dal concetto di shibumi. Nessun altro ideale lo aveva mai tanto commosso.
“Come si raggiunge questo shibumi, signore?”  Continua a leggere Shibumi di Trevanian